Edge computing dans les projets LoRaWAN : pourquoi et quand l’adopter ? - Kerlink
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Edge computing dans les projets LoRaWAN : pourquoi et quand l’adopter ?

Dans une architecture LoRaWAN standard, les capteurs transmettent leurs données vers une passerelle, qui les relaie vers le cloud où elles sont stockées, analysées puis exploitées. Mais à mesure que les projets IoT se multiplient et se complexifient, beaucoup souhaitent que la donnée soit traitée localement, au plus proche du terrain.

C’est là qu’intervient l’edge computing. Dans cet article, nous présenterons ses principaux avantages ainsi que les cas d’application pour lesquels cette approche est la plus pertinente, afin de vous aider à déterminer la solution la plus adaptée à votre projet : devriez-vous déployer votre réseau LoRaWAN avec ou sans edge computing ?

Qu’est‑ce que l’edge computing appliqué au LoRaWAN ?

L’edge computing, au sens large, consiste à traiter les données au plus près de leur source, et non plus systématiquement dans un cloud centralisé.

Dans un environnement IoT, cela signifie que le traitement de la donnée peut être effectué directement par l’objet connecté ou la passerelle. Dans ce deuxième cas de figure, la gateway ne se limite plus à son rôle traditionnel de bridge radio entre les capteurs et un serveur distant : elle embarque directement le LoRaWAN Network Server.

Comme la gateway dispose de capacités de calcul, elle peut traiter les données en local, mais aussi exécuter des fonctions applicatives : génération d’alertes, prise de décision en temps réel, déclenchement d’actions locales, etc.

Exemple concret 

Une gateway Kerlink déployée sur un réseau de compteurs d’eau peut détecter en temps réel une anomalie de consommation liée à une fuite, générer une alerte et déclencher automatiquement une action corrective, sans attendre un traitement cloud distant.

Les avantages de l’edge computing pour l’IoT

1. Réduction des coûts d’infrastructure et sobriété numérique

Les retours terrain sont clairs : plus de 90 % des données issues des capteurs restent inexploitées.[1] Les transmettre systématiquement vers le cloud revient à générer du trafic, du stockage et des coûts inutiles.

Le traitement local permet de filtrer les données à la source afin de ne transmettre que les informations réellement utiles pour l’utilisateur. Cela permet de réduire :

  • La consommation cloud : en déportant les capacités de calcul en bordure de réseau, on réduit le volume de données à stocker, traiter et historiser dans le cloud.
  • La consommation réseau : sur une gateway cellulaire où chaque donnée échangée a un coût, le traitement local réduit fortement les échanges de données et donc les coûts de communication.

Bon à savoir : le traitement local des données est peu énergivore. Une passerelle edge consomme généralement à peine plus qu’une passerelle purement radio.

[1] https://www.prnewswire.com/news-releases/ibm-connects-internet-of-things-to-the-enterprise-300058256.html

2. Souveraineté et sécurité de la donnée

Dans de nombreux secteurs, l’exposition de données métier à des plateformes cloud tierces représente un risque important.

Avec l’edge computing, les données sont traitées et conservées sur site, elles ne transitent pas par des infrastructures externes.

Cette architecture est particulièrement adaptée aux environnements à exigences de sécurité élevées : défense, énergie, bâtiments sensibles, sites opérés en réseau fermé (air-gapped), etc. Elle répond également aux enjeux croissants de cybersécurité en réduisant la surface d’exposition des données.

3. Rapidité de déploiement et architecture simplifiée

En embarquant directement le network server LoRaWAN dans la gateway, l’edge computing supprime des couches intermédiaires inhérentes aux architectures IoT traditionnelles. Plus besoin de configurer et maintenir une infrastructure cloud dédiée pour certains projets de petite ou moyenne taille : la gateway devient à elle seule un nœud de traitement complet.

Pour les intégrateurs, cela se traduit par des délais de mise en œuvre raccourcis et une architecture plus lisible, donc plus facile à maintenir et à faire évoluer.

4. Réactivité et continuité de service

Dans de nombreux contextes opérationnels, un délai de plusieurs minutes entre la détection d’un événement et la réception d’une alerte n’est pas envisageable (usines industrielles, infrastructures de distribution d’énergie, systèmes de sécurité…).

L’edge computing permet une réaction quasi immédiate : la gateway détecte, analyse et déclenche une action dans la foulée, sans attendre l’aller-retour vers un serveur distant.

Par ailleurs, en cas de perte de connectivité internet (panne opérateur, maintenance planifiée, zone blanche temporaire…) la passerelle edge continue de fonctionner de manière autonome. Les alertes sont générées, les actions locales sont exécutées, et les données sont synchronisées dès que la connexion est rétablie.

Quand l’edge computing est‑il particulièrement adapté ?

1. Les sites isolés ou difficiles à connecter

L’edge computing est souvent privilégié lorsque la connectivité internet est absente, intermittente ou très coûteuse. C’est par exemple le cas des plateformes pétrolières offshore, des sites miniers, des zones rurales très reculées, ou encore de certains déserts et îles.

Sur ces sites, dépendre d’un cloud distant pour traiter les données peut être risqué : la moindre coupure réseau peut suspendre les alertes et paralyser les opérations, là où une gateway edge continue de fonctionner et d’agir de manière autonome.

C’est précisément pour répondre à ces contraintes que Kerlink a conçu la Wirnet iStation M2 : une gateway outdoor ultra-basse consommation intégrant edge computing et compatibilité solaire pour des déploiements entièrement autonomes. Elle embarque également des outils de diagnostic radio, qui se révèlent particulièrement pratiques lorsqu’une intervention physique sur site représente un déplacement long et coûteux.

2. Les petits réseaux LoRaWAN privés

L’edge computing est naturellement adapté aux réseaux de faible envergure : un bâtiment tertiaire, un entrepôt logistique, un petit site industriel, une résidence équipée de capteurs d’énergie ou de confort, etc. Dans ces configurations, le besoin en capteurs est généralement limité et une seule passerelle LoRaWAN suffit à couvrir l’ensemble du site. Embarquer l’intelligence dans la gateway simplifie l’architecture réseau ainsi que le déploiement, et réduit le coût total de possession.

3. Le smart building et l’intégration aux réseaux locaux

Le smart building est probablement l’un des cas d’usage où l’edge computing prend tout son sens. Dans un bâtiment intelligent, les données collectées par les capteurs LoRaWAN doivent souvent interagir avec des systèmes déjà en place : GTB (Gestion Technique du Bâtiment), automates, systèmes CVC, protocoles Modbus ou BACnet, etc.

Dans ce type de configuration, l’edge computing permet de faire dialoguer plus facilement le réseau LoRaWAN avec l’écosystème local du bâtiment, sans dépendre d’un intermédiaire cloud, et ce de manière plus rapide et plus simple à intégrer.

Pour répondre aux besoins de ce marché, notre passerelle Wirnet iFemtoCell intègre le LNS ThingPark All-in-One d’Actility et permet de connecter directement et facilement les capteurs aux systèmes de gestion de bâtiments.

C’est un cas d’usage que nous suivons de très près chez Kerlink, et sur lequel nous aurons prochainement des nouveautés à présenter !

Passerelle classique ou passerelle edge : comment choisir ?

Le choix entre ces deux architectures dépend avant tout de votre contexte de déploiement et de vos besoins.

Voici quelques repères :

 

Critère

Passerelle classique

Passerelle edge

Taille du réseau

Moyen à grand

Petit à moyen

Connectivité internet

Fiable et permanente

Intermittente ou absente

Latence acceptable

Plusieurs secondes / minutes

Quasi-temps réel requis

Souveraineté des données

Flexible

Critique

Intégration avec systèmes locaux

Cloud

En direct

Coût d’infrastructure

Plus élevé

Optimisé

Redondance réseau

Possible

Point unique

 

Une gateway classique reste parfaitement adaptée aux grands réseaux publics ou privés disposant d’une connectivité stable, d’une plateforme cloud déjà en place et d’un volume de capteurs important à gérer de manière centralisée. Centraliser le traitement de la donnée permet alors d’avoir une supervision globale difficile à égaler en edge.

En pratique, les deux approches ne sont pas mutuellement exclusives. Certains déploiements hybrides peuvent combiner des gateways edge pour les sites isolés ou sensibles et une supervision cloud centralisée pour les sites mieux connectés. L’essentiel est de choisir son architecture selon les contraintes réelles du terrain.

Conclusion

L’edge computing redéfinit progressivement le rôle des gateways LoRaWAN : de simples relais radio, elles deviennent des nœuds intelligents, capables de traiter, décider et agir localement. Réactivité, souveraineté des données, simplicité d’architecture… Les bénéfices sont concrets et répondent à des contraintes terrain bien réelles.

Pour autant, l’edge n’est pas une réponse universelle. Le choix entre une passerelle classique et une passerelle edge dépend de plusieurs critères : taille de de votre réseau, qualité de la connectivité, exigences opérationnelles, etc.

Chez Kerlink, nous concevons des gateways LoRaWAN adaptées à ces deux approches, avec une expertise terrain acquise sur les déploiements les plus exigeants. Nos équipes sont à votre disposition pour vous accompagner dans le choix de la solution la plus adaptée à votre projet.